Dans la crise, le Brésil souhaite réduire drastiquement les dépenses publiques

Le constat est sans appel : le Brésil connaît une période économique particulièrement difficile. En 2015, le Brésil a vu son produit intérieur brut (PIB) décroître de 3,8 %. Le ralentissement de la production industrielle affecte de nombreux secteurs, comme par exemple le secteur automobile dont la production a chuté en octobre 2016 de 15,1 % par rapport à octobre 2015 (source : Anfavea). L’effet sur les rentrées fiscales s’est immédiatement fait ressentir avec des comptes publics fortement déficitaires, tant au niveau de l’Union que de celui des États fédérés ou des municipalités. Ainsi, en avril dernier, le Fonds monétaire international (FMI) avait indiqué que la dette publique brésilienne atteindrait 92 % du PIB.

Des coupures drastiques dans les dépenses publiques

Après la destitution de la présidente de gauche Dilma Roussef (Partido do Trabalhadores – PT), le nouveau président brésilien Michel Temer (PMDB, parti centriste) a proposé plusieurs mesures visant à réduire drastiquement les dépenses publiques. En particulier, une proposition de modification constitutionnelle, dite PEC 241 (proposta de emenda constitucional) vise à limiter les dépenses publiques pour les 20 prochaines années grâce au mécanisme suivant : le montant total des dépenses publiques au cours de l’année n devra être équivalent à celui de l’année n-1, corrigé du taux d’inflation.

Cette proposition a eu de quoi créer un effet d’annonce assez impressionnant. Elle est toutefois diversement critiquée, tant par les spécialistes en finances publiques que par une partie de la population qui vie dans la crainte d’une plus grande précarisation économique et sociale. Pour ceux qui voudraient aller plus loin, la PEC 241 laisse de côté les dépenses liées à la sécurité sociale qui représentent près de 40 % du total des dépenses publiques. Par ailleurs, seules les dépenses de l’Union sont concernées. Pour ceux qui craignent une précarisation sociale, la période de mise en œuvre peut apparaître trop longue puisque, en cas de reprise économique, des dépenses dynamiques comme celles relatives à l’éducation, pèseront mécaniquement moins dans le PIB alors même qu’elles représentent un véritable investissement.

Des solutions solidaires pour aider les pouvoirs publics

Toutefois, c’est aussi dans les crises que peuvent être trouvées des solutions novatrices pour surmonter les difficultés. En la matière, le Brésil n’est jamais en reste. Ainsi, un récent programme de partenariat entre la police civile de l’État de Rio de Janeiro (RJ) – entité fédérée dont le déficit doit atteindre près de 5 milliards d’euros en 2016 – et la société civile prévoit ainsi que des entreprises privées puissent effectuer des donations de matériels et de services au bénéfice de l’action des forces de l’ordre, comme par exemple la livraison de matériels et de fournitures pour les commissariats. Ce programme a de quoi inspirer des entreprises soucieuses de leur image dans le cadre de leur responsabilité sociale et environnementale (RSE) pour participer à des actions dans le domaine de l’éducation avec la fourniture de matériels scolaires. Ainsi, c’est peut être aussi avec le jeitinho brasileiro (façon de faire à la brésilienne) que le Brésil trouvera sa voie vers la reprise économique et l’assainissement des finances publiques.

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